FRANÇOISE SAUR

FRANÇOISE SAUR

AGENDA

> Vendredi 10 février – 18h
Vernissage de l’exposition de restitution du workshop mené par Françoise Saur avec les étudiants de l’institut d’ethnologie de l’Université de Strasbourg
> Vendredi 10 février – 18h30
Lancement de Les années Combi, dernier livre de Françoise Saur
paru aux éditions Médiapop
> Samedi 11 février – 16h
Visite de l’exposition en alsacien
animée par Pierre Kretz – Entrée libre

« Cela fait plus de 20 ans que je photographie les fleurs, d’abord en noir et blanc, puis en couleurs.
Photographier des fleurs, cela ne se fait pas. C’est comme les couchers de soleil.
Mais les couchers de soleil ne m’intéressent pas.
Il fallait trouver une forme.
En parcourant sentiers, bois, montagnes, bords de route, ronds-points ensemencés de prairies fleuries, jardins amis même, attentive au développement de la végétation après l’hiver, j’ai butiné. J’ai enlevé tout le vert, sauf pour les toutes vertes, ne laissant qu’une couleur, l’essentielle.
Je n’ai pas cherché la joliesse mais la juste distance.
Il en résulte une sorte de flore locale.
Les contenants appartiennent tous à mon histoire, à la généalogie familiale.
Il ne me viendrait point à l’idée d’aller chiner des vases. Puis j’ai installé les fleurs sur le marbre.*
En même temps, je me penchais sur la boîte à photos ayant recueillie l’histoire familiale de ma mère – née en 1923 – et je trouvais également un gros album où elle avait collectionné les cartes postales reçues jusqu’à son adolescence.
Il est toujours trop tard lorsqu’on commence à s’interroger sur ses ascendants.
Et il n’est plus possible d’interroger ma mère. J’ai souhaité relier mes photos de fleurs – inconsciemment j’ai photographié les fleurs sur
du marbre – aux portraits de ma mère, une généalogie fictive, un hommage…
De la boîte à photo j’ai retenu uniquement de bonnes photos de studio; de l’album les cartes de fleurs et quelques textes manuscrits. »
* Marbre (imprimerie)
Le marbre désigne la table sur laquelle sont montées les pages d’un journal ou d’un livre avant leur impression.
Françoise Saur
Mai 2016

 

Françoise Saur est née en 1949 à Alger. Elle vit et travaille en Alsace.
Elle fait ses études à Paris à l’école Louis Lumière puis en Allemagne avec Otto Steinert, au début des années 70. En 1978, elle reçoit une bourse de la Fondation Nationale de la Photographie puis devient en 1979 la première femme à recevoir le Prix Niépce. Bénéficiaire d’une allocation du Ministère de la culture en 2000, elle réalise pendant 3 ans, dans le sud algérien, le projet « Femmes du Gourara » qui sera présenté sous forme de livre et d’exposition. Sa curiosité l’emmène en Algérie, en Chine, au Laos, ou encore en Inde, pour des projets de résidence notamment. Elle publie plusieurs livres accompagnés de textes d’écrivains. Ses photographies figurent, entre autre, à la BNF, à la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration, au musée Nicéphore Niépce, au FRAC Alsace, au musée Réattu à Arles, au FNAC, etc.

Compétences

Posté le

16 août 2016

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