Danses rebelles

Nicola Lo Calzo

Vernissage
vendredi 02.04 — 18h

03.04 —
23.05.27

Photographe, enseignant et chercheur, Nicola Lo Calzo est titulaire d’un doctorat en arts et d’un master en architecture du paysage. Son travail se situe à l’intersection de la pratique photographique, de la recherche historique et des théories queer et décoloniales, dans une approche qui articule création, enquête et engagement critique.
Ses projets, souvent menés de manière collaborative, interrogent les mémoires subalternes, les formes de résistance et les processus de construction des identités marginalisées. À travers ses enquêtes visuelles, il explore les dynamiques de pouvoir, les mécanismes d’exclusion et les récits dominants de l’histoire, tout en contribuant à la valorisation et à la circulation d’archives minoritaires.
Depuis 2010, Nicola Lo Calzo développe le projet au long cours Kam, labellisé par l’UNESCO, qui explore les héritages de la résistance à l’esclavage et du marronnage (c’est-à-dire la fuite des esclavisé·és dans les bois ou les montagnes pour échapper à la servitude sur les plantations coloniales) à travers différents territoires de l’espace atlantique. Le terme « Kam », réactivé ici par l’artiste, rend hommage à l’auteur sénégalais Cheikh Anta Diop, qui réinvestit le terme biblique Cham, associé à l’esclavage des Africain·es, en le rattachant à Kemet, nom pharaonique de l’Égypte ancienne, désignant symboliquement l’Afrique comme lieu de mémoire et d’origine.
Cette œuvre photographique, patiemment élaborée au fil du temps, interroge les zones d’ombre de l’histoire, non pour les figer, mais pour en faire surgir les tensions, les survivances et les transmissions. Ses images, réalisées en Afrique de l’Ouest, dans les Caraïbes, en Amérique du Nord ou encore en Europe, témoignent de la persistance des mémoires de l’esclavage dans les territoires contemporains. Elles révèlent autant des paysages marqués que des corps, des gestes, des rituels et des récits transmis oralement. La complexité des héritages et la manière dont les expériences minoritaires peuvent devenir le ferment d’une mémoire commune sont ici examinées, mises à l’épreuve et déplacées.
À travers Danses rebelles se déploie une œuvre engagée, au croisement de l’enquête et de la création, où la photographie devient un outil de transmission autant qu’un espace de réflexion critique sur l’histoire et ses représentations.
La danse et le mouvement des corps sont au cœur de cette recherche. Pour les populations réduites en esclavage, ils constituaient bien plus qu’une forme d’expression : des vecteurs de mémoire, de transmission des héritages africains et de résistance. Par le mouvement se tissaient des solidarités collectives et s’affirmaient des identités que l’ordre esclavagiste cherchait à effacer. Cette fonction politique de transmission de la mémoire demeure aujourd’hui, faisant de la danse et du corps des pratiques contemporaines de résistance, de mémoire et d’émancipation.
Au sein de Danses rebelles les photographies dialoguent avec des objets de pratiques mémorielles recueillis au fil du temps, des livres qui ont accompagné et inspiré les recherches de l’artiste, des témoignages oraux, ainsi qu’un important corpus d’articles de presse et de documents constituant un véritable atlas de cette recherche menée sur plusieurs années.
Sans chercher à embrasser la totalité de cette enquête, l’exposition en propose une forme d’atlas : une cartographie sensible de ses trajectoires, de ses archives, de ses questionnements et de ses échos contemporains.

Partenariats

Une exposition réalisée avec le soutien de l’Istituto italiano di cultura Strasbourg.

Autour de l’exposition

Visite du dimanche
Tous les dimanches — 17h
20 minutes
entrée libre

Jeune public
Visite ludique
Samedi 22.05 — de 9h30 à 10h30
sur inscription
— dès 2 ans — 5 € par enfant

Atelier parent-enfant
Samedi 22.05 — de 11h à 12h30
sur inscription
— à partir de 6 ans — 5 € par enfant

EN

Nicola Lo Calzo’s work lies at the intersection of photography, historical research, and queer and decolonial theory. In his UNESCO- endorsed project Kam, he explores the legacies of resistance to slavery and marronage in various regions of the Atlantic world. In this exhibition, he employs photography as a means of transmitting information and as a space for critical reflection on history and its representations. The exhibition brings together photographs, artefacts relating to memory practices, books, oral testimonies and press articles, forming a veritable atlas of his research project.

DE

Die Arbeit von Nicola Lo Calzo bewegt sich an der Schnittstelle von Fotografie, historischer Forschung sowie queerer und dekolonialer Theorie. In seinem von der UNESCO unterstützten Projekt Kam erforscht er das Erbe des Widerstands gegen die Sklaverei und der Marronage
in verschiedenen Regionen der atlantischen Welt. In der Ausstellung nutzt er die Fotografie als Informationsvermittler und Raum für kritische Reflexion über Geschichte und ihre Darstellungen. Die Ausstellung vereint Fotografien, Artefakte zu Erinnerungspraktiken, Bücher, mündliche Zeugnisse und Presseartikel und bildet so einen regelrechten Atlas seines Forschungsprojekts.