À quoi ressemblera la ville de demain ? Quelles représentations avons-nous de la ville? Comment la ville se dessine-t-elle et se transforme-t-elle ? Dans le cadre de l’Atelier Urbain de la Ville de Strasbourg, La Chambre a proposé de mettre en place sur le territoire une Mission photographique pour donner à voir des problématiques urbaines, paysagères, sociales… À l’occasion de l’exposition de restitution, La Chambre présente les travaux du photographe
Gilles Leimdorfer et sa vision de la silhouette de la ville.

« Une ville française
Je m’intéresse à une ville du quotidien. Je travaille exclusivement sur l’architecture domestique, délaissant volontairement l’architecture monumentale. Résolument documentaire dans mon approche, j’ai réalisé 3 séries d’images distinctes pour ce portrait : une collection de façades, des triptyques mettant en scène la ville et les passants, et les frontières de la ville.

Les façades
Je cherche à créer des modèles réduits d’architecture et donner une vue d’ensemble des immeubles. J’intègre systématiquement dans l’image le trottoir, le bas de l’immeuble. C’est là, grâce aux magasins, voitures, scooter, passants… que je peux ancrer l’image dans son temps. Je peux faire ainsi un « instantané » d’architecture, la ville « à l’instant T ». En donnant une même « valeur » à chaque bâtiment, quelle que soit l’époque ou l’esthétique, j’opère une mise à plat de la ville. La juxtaposition des images fait apparaitre une autre réalité.

Les triptyques
Trois moments différents, trois images rassemblées en une seule pour recréer un panorama inspiré par mon goût de la bande dessinée. Là, au coin de la rue, j’interpelle les passants leurs demandant quelques minutes pour poser. Les contraintes de la chambre 4*5 et ses long temps de pose m’y obligent. C’est le seul moyen pour qu’ils apparaissent nets sur la photographie. Et puis j’aime cet échange et cette complicité. Ce pied de nez à l’instant décisif et cette distorsion de perspective m’a permis de trouver un juste équilibre dans l’image entre le cadre et les personnages, la ville et les passants, la circulation et l’immobilité. Comme pour les façades je suis très attentif aux signes du temps présent, les voitures, le mobilier, les vêtements… Je cherche à livrer un témoignage de mon époque, laisser la trace d’une ville française en 2012.

Les frontières, ceinture grise et ceinture verte
Strasbourg (comme Paris) soumis aux impératifs militaires a connu un développement centrifuge. Aujourd’hui encore, les remparts du XIXe siècle marquent profondément la ville, lui imposent une frontière nette entre dedans et dehors, entre ville et banlieue, entre urbain et suburbain. Mes déambulations que je livre ici, m’ont permis de découvrir que cette séparation accueillait non seulement un flot automobile considérable mais aussi une vie foisonnante grâce aux jardins ouvriers. »

Gilles Leimdorfer, juillet 2011

Gilles Leimdorfer est né en 1964 à Paris. Il se découvre une passion pour la photo à l’âge de 13 ans. Après des études de droit, il entre à l’AFP comme pigiste reporter photographe. Il y apprend son métier en couvrant l’actualité. A partir de 1992, il se consacre à la photo d’illustration et au reportage magazine. Ses photos sont publiées dans Time Magazine, Grands Reportages, Capital, Geo et bien d’autres… Après toutes ces gammes, il décide en 1999 de chercher sa propre musique, de raconter ses propres histoires. Il intègre en 2001 l’agence Rapho où il continue un travail entrepris sur la France et ses mythes exposé à Arles à la demande de Raymond Depardon en 2006 (Nationale 7, le Tour de France, l’accordéon…).
Photographe indépendant depuis 2009, il est représenté par Interlinks-Image.

 

Un projet réalisé dans le cadre de l’Atelier urbain de la Ville de Strasbourg

Compétences

Posté le

10 mars 2015